Marcel-Azzola

 

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Marcel-Azzola

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22 janvier 2019

Marcel Azzola né le  à Paris à Ménilmontant et mort le  à Poissy1 est un accordéoniste français, illustre destinataire de l’apostrophe lancée par Jacques Brel dans la chanson Vesoul« Chauffe Marcel, Chauffe ! », et où l’on entend son chorus à l’accordéon.

Biographie

La famille de Marcel Azzola est originaire de Pradalunga, un petit village d’Italie, à côté de Bergame. Son père, Giuseppe, exerce le métier de maçon et dirige, le dimanche, un orchestre d’une vingtaine de mandolines. Après la fin de la Première Guerre mondiale, celui-ci s’exile en France afin d’échapper à l’embrigadement des chemises noires mussoliniennes. Il y arrive en 1921 et fait venir son épouse Angelina six mois plus tard. Ils s’installent rue des Amandiers, à Ménilmontant puis à Pantin2. Giuseppe fait la connaissance de Joseph Colombo et se lie d’amitié avec le père de Joë Rossi qui le motive pour que son fils, Marcel, apprenne l’accordéon. À cette époque, on jouait de cet instrument, le samedi soir, dans les cafés : ainsi, il pourrait gagner sa vie.

Après avoir commencé par apprendre le violon3 en compagnie de ses deux sœurs aînées, il commence au bout d’une année à étudier l’accordéon et suit l’enseignement de son « premier vrai professeur » en la personne d’Attilio Bonhommi. Il gagne son premier concours à Suresnes, en 1939, devant un jury composé notamment des Mousquetaires de l’accordéon : Médard FerreroV. MarceauLouis Péguri et Adolphe Deprince. Il rencontre la grande Fréhel à Pantin lors d’un radio-crochet au cinéma Central3 où il interprète la Csárdás de Vittorio Montiet gagne un service à liqueurs en remportant le premier prix.

Pendant la guerre, il prend des leçons avec Médard Ferrero3 qui l’initie à la musique classique : RossiniAlbenizBachBeethovenDebussyetc. Entre deux leçons, il joue dans un orchestre de l’amicale des Aveugles de Pantin et, particulièrement, un air tiré des Contes d’Hoffmann d’Offenbach qui est fort apprécié par l’assistance. Pour se subvenir, il joue également en soirée dans des brasseries et des cabarets. Un soir, on lui propose dans un dancing de remplacer au pieds levé un collègue indisponible. Problème la musique demandée est un tango joué exclusivement au bandonéon, instrument que Marcel Azzola ne possède pas. Il n’a alors pas encore suffisamment de richesse pour s’offrir un instrument dit « chromatique » qui offre le système le plus proche de celui de l’accordéon, tandis que l’apprentissage d’un système dit « diatonique » en une journée est ardu même pour Azzola. Il se rabat alors bandonéon économique qui a la particularité de combiner les deux systèmes. De cette occasion, il élargit son domaine de compétence1 et créé son propre style.

Après la guerre, il découvre le jazzGus Viseur, Charley Bazin, Tony Murena et a même l’occasion de jouer pour Django Reinhardt la Toccata et fugue en ré mineur de Bach. Il est le précurseur de l’accordéon classique et du jazz en France et il donne des concerts en trio ou en quartet avec Stéphane Grappelli qui lui fait rencontrer Yehudi MenuhinDidier LockwoodMichel LegrandToots Thielemans.

En 1948, il participe à Lausanne à la Coupe mondiale d’accordéon où il finit 4e en finale, la coupe étant remportée alors par Yvette Horner1. Trois mois plus tard, il remporte le premier prix au concours international de Stradella en Italie, recevant les compliments du maestro Arturo Toscanini. En 1949, il réalise son premier enregistrement avec Mademoiselle de Paris, et enregistre anonymement ses premiers disques comme accompagnateur et au bandonéon avec les orchestres de Ramon Mendizabal, Marcel Feijoo, José Lucchesi et la formation de Tani Scala un des maîtres du tango français d’après guerre. En 1954, il remporte le grand prix du disque de l’académie Charles-Cros pour Surprise Party au Mirliton.

Dans les années 1950, il se met à accompagner les grands noms de la chanson française comme Boris VianÉdith Piaf (pour laquelle il participe à l’enregistrement de la chanson Sous le Ciel de Paris en 1949), Tino RossiYves MontandBarbaraJuliette GrécoJean SablonFrancis LemarqueGilbert BécaudJacques Brel, qui survolté et ébahi par l’improvisation en solo de Marcel Azzola lui envoie alors son apostrophe culte « Chauffe Marcel, Chauffe ! » dans Vesoul4. L’expression, lancée en plein enregistrement de la chanson, est entrée dans le langage courant.

Il est aussi à la tête d’un orchestre de bal composé de Didi Duprat à la guitare, Pascal Groffe à la basse et Jacques Irsa à la batterie. Il fait de nombreuses tournées. En 1976, Marcel Mouloudji et Marcel Azzola sortent une anthologie de la chanson musette, Et ça tournait. Au début des années 1960, il s’adjoint une chanteuse, Lina Bossati, élève d’Yves Nat et d’Alfred Cortot, qui joue du piano et du violon et il l’engage dans son orchestre avec son mari, Denis Tuveri. Avec elle, il publie en 2009 un album de duos, Lina et Marcel, qui reprend un large éventail de leur répertoire. Il joue, également, en trio avec Patrice Caratiniet Marc Fosset.

Il enregistre une centaine de musiques de films dont Mon oncleTrafic et Playtime de Jacques Tati3 ; Le Juge et l’Assassin de Bertrand Tavernier ; Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet ; L’Emmerdeur d’Édouard Molinaro ; Les Uns et les Autres de Claude Lelouch ; La Zizanie avec Louis de Funès ; La Veuve Couderc avec Simone Signoret.

D’après le générique de Milou en mai, les musiciens rassemblés autour de Stéphane Grappelli en 1989 sont Marc FossetMaurice VanderMartin TaylorJack SewingPierre Gossez (en) et Marcel Azzola. Ils enregistrent la bande originale du film au studio de la Grande Armée.

Il a également participé à de grandes manifestations sportives : trois fois le Tour de France et plusieurs fois les Six jours de Paris.

C’est à la suite de la rencontre du fils d’Ernano Cavagnolo5, à Villefranche-sur-Saône, Claude, que celui-ci lui fabrique son premier Vedette 5 Compact. C’est à proximité du magasin situé rue du Faubourg-Saint-Martin que s’installe l’« Académie des quatre » pour y faire un centre d’enseignement.

Il milite avec André AstierJoss BaselliJoë RossiMyriam Bonnin, Christiane Bonnay et Max Bonnay afin que l’accordéon entre dans l’enseignement dispensé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, ce qui se réalise en 20023.

Devenu l’un des musiciens français les plus respectés, il a reçu de nombreux prix, dont une Victoire de la musique d’honneur en 2006. Il a participé au développement de l’enseignement de l’accordéon notamment à l’École nationale de musique et de danse3 de la vallée de Chevreuse à Orsay dont le directeur fondateur était Pierre-Yves Le Roux (pianiste français).

Dans ses dernières années, Marcel Azzola se produit le plus souvent avec la pianiste Lina Bossatti, toujours avec beaucoup de talent et de modestie, n’hésitant pas à citer les meilleurs de ses confrères accordéonistes, y compris ceux de la jeune génération, et incitant les spectateurs et auditeurs de ses concerts à écouter également d’autres instruments que l’accordéon.

Il meurt le 21 janvier 2019 à l’hôpital de Poissy1 où il était régulièrement dialysé, des suites d’un arrêt cardiaque survenu dans sa résidence de Villennes-sur-Seine6.

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