Covid-19. la pandémie actuelle

Mix-Radio-Covid19-12.04.2020.

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Covid-19 :

ces gestes du quotidien à bannir

20 MARS 2020

Vous le savez, se laver les mains est l’un des « gestes barrière » primordiaux pour se prémunir du coronavirus. Mais si vous n’y prenez garde, certains gestes quotidiens peuvent mettre à mal cette prévention.© file404/Shutterstock.com
Après avoir serré une main, ou touché des objets ou des surfaces contaminés, se laver les mains est la meilleure façon de prévenir la propagation des infections, dont celle du coronavirus.  Mais le danger ne vient pas toujours des autres.
Parlons des onychophages.
 Vous savez, les personnes qui se rongent les ongles. Eh bien cette mauvaise habitude peut vous rendre plus vulnérable aux infections. Notamment en raison du transfert des bactéries et des virus de la main vers la bouche.
Si les recommandations sanitaires actuelles recommandent de se couper les ongles à ras, ce n’est pas un hasard : la tentation sera ainsi moins forte de les mordiller.
Prenez soin de votre portable
Même chose, méfiez-vous de votre téléphone. En cette période de confinement, nous sommes nombreux à passer des heures sur l’écran en quête d’informations, ou pour contacter nos proches. Mais comme l’explique Bruno Grandbastien, président de la Société française d’hygiène hospitalière à nos confrères du Monde : « Lors d’une pandémie, le smartphone est un vecteur de transmission plus dangereux qu’un trousseau de clefs, qu’on manipule beaucoup moinsMême si le principal mode de transmission du coronavirus semble aujourd’hui être la voie respiratoire, il apparaît raisonnable de nettoyer son smartphone régulièrement. »
Confiné, pas emmuré
Autre erreur à éviter chez soi : rester cloîtré. Il est au contraire primordial de bien aéré votre logement. De 10 à 20 minutes par jour. Cela permet de renouveler l’air de la pièce, et d’en retirer les éventuelles gouttelettes contaminées en suspension.
La barbe, nid à microbes ?
En moyenne, votre main entre en contact avec votre visage jusqu’à 3 000 fois dans la journée ! C’est vrai que pour un homme, toucher sa barbe, c’est réconortant… Mais les microbes peuvent-ils se nicher dans les poils ? Concernant le Covid-19, la question n’a pas vraiment été étudiée. Ce qui est sûr, c’est que beaucoup d’études ont déjà montré que la barbe pouvait retenir les bactéries, germes et autres polluants en provenance des mains. Deux conseils donc : les laver très régulièrement… et les garder loin de votre visage.

Freddy Vinet, géographe, professeur à l’université Paul-Valéry-Montpellier-III, directeur du master gestion des catastrophes et des risques naturels.

Face aux inconnues de la pandémie actuelle, la tentation est grande de se référer aux épidémies du passé. Longtemps oubliée, la grippe espagnole de 1918-1919 réapparaît comme le parangon épidémique du siècle passé. Face à l’inconnu d’une nouvelle épidémie se fait sentir le besoin de trouver des références dans le passé.

Rappelons ce que fut la pandémie de grippe espagnole pour les contemporains. Elle parcourt le monde en trois vagues entre mars 1918 et l’été 1919, laissant sur son passage 50 à 100 millions de morts, bien plus que le premier conflit mondial. Son origine incertaine (NDLR : Etats-Unis, Chine ?) n’est en tout cas pas espagnole. Lors du pic de la pandémie, entre septembre et novembre 1918, les écoles ferment faute de professeurs, les usines et les transports tournent au ralenti, les récoltes restent parfois sur pied faute de bras. Malgré ce bilan, la grande grippe est longtemps restée oubliée. D’ailleurs, le fait qu’elle conserve pour la postérité ce qualificatif usurpé d’« espagnole » en dit long sur le souvenir qu’on souhaitait lui attacher. La grippe est restée dans l’ombre de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, la construction de la mémoire nationale (NDLR : surtout en France) est captée par la guerre et ses héros : le poilu, Pétain, Clemenceau… Mais, pour comprendre cette occultation mémorielle de la grippe espagnole, il faut apprécier sa place dans l’histoire épidémiologique. Avec les règles d’hygiène, l’asepsie et la vaccination, on pense avoir jugulé les grandes épidémies. Or les autorités médicales et politiques se retrouvent démunies face à une maladie a priori bénigne. Elles ne souhaitaient donc pas entretenir la mémoire d’un événement dont la gestion fut un échec complet. La grippe espagnole a suscité une telle immunité collective et un tel « effet moisson » qu’elle a inhibé l’apparition d’une pandémie grippale pendant quarante ans. Les pandémies de 1957-1958 (grippe « asiatique » et de 1968-1970 (grippe de Hongkong) qui avaient fait plusieurs dizaines de milliers de morts en France sont passées relativement inaperçues.

Or, pour qu’un événement s’imprime dans les mémoires, il faut qu’il entre en résonance avec son temps, qu’il fasse sens. Les sociétés ne se souviennent que des événements qui trouvent une signification dans l’histoire qu’elles veulent bien se construire. A partir de la fin du XXe siècle, la grippe espagnole ressurgit et fait l’objet de nombreuses études. Le sida est passé par là, puis le Sras en 2003, la grippe aviaire de 2006, la grippe mexicaine de 2009…

Parler de la grippe espagnole reprend du sens dans un monde qui a compris que le risque infectieux ne disparaîtrait sans doute jamais. Si l’on retrouve des analogies entre l’épidémie de Covid-19 et la grippe espagnole, comme les symptômes grippaux ou les complications pulmonaires, les comparaisons s’arrêtent vite tant les contextes et les époques sont éloignés.

Toutefois, l’évocation de cet épisode passé nous fait prendre la mesure du progrès médical acquis depuis un siècle et nous rappelle à notre culture épidémiologique, celle des « gestes qui sauvent ». La mémoire des épidémies doit être entretenue. Pour qu’un événement s’incarne dans la mémoire collective, il faut qu’il puisse se fixer sur des lieux, des dates, des personnages. Le président Macron, si friand de symbolisme mémoriel à l’occasion du centenaire de la victoire du 11 novembre 1918, serait bien inspiré de réfléchir à la façon dont on va construire la mémoire de l’épisode actuel. D’ailleurs, tous les pays n’ont pas oublié la grippe espagnole. Au Canada, à Saint-Jean, une statue est dédiée à Ethel Dickinson, jeune infirmière morte de la grippe au chevet des malades. Comme la guerre, les épidémies ont aussi leurs héros.

« la Grande Grippe. 1918 : la Pire Epidémie du siècle », de Freddy Vinet aux Editions Vendémiaire (2018), 260 pages, 22 euros.

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